Un vieux calendrier pour la nouvelle année!
Vous avez l’habitude de garder vos vieux calendriers, vous aussi?
La combinaison des dates et des jours de la semaine se répète de temps à autre, suivant un modèle mathématique.
Un même calendrier peut donc servir plusieurs fois pendant une vie.
Ainsi, en 2025, vous pourriez choisir de réutiliser les calendriers de 1902, 1913, 1919, 1930, 1941, 1947, 1958, 1969, 1975, 1986, 1997, 2003 et 2014!
Bonne année! On se donne rendez-vous en 2031!
Membre de l'association Prêchi Normaund, Alphonse Poulain était un auteur qui fourmillait d'idées originales. Il a produit de nombreux textes, majoritairement comiques, mais aussi d'inspiration poétique. La précision des descriptions, l'habileté du récit et la qualité des chutes le situent parmi les meilleurs auteurs d'aujourd'hui.
Décédé en septembre 2019, il a laissé beaucoup d'amis.
Victor Hugo a fait l'éloge de ce patois de Normandie d'où, à l'entendre, la langue française serait sortie « comme la fleur de sa racine a. La louange est belle. Précisons pourtant de suite qu'elle est incomplète.
Ce n'est pas, en effet, la seule littérature d'oïl qui a germé à l'ombre de l'étendard de pourpre. Par une rencontre unique dans l'Histoire, les Normands « constructeurs d'empires ont présidé à toute une fermentation intellectuelle qui apparut, en Sicile et en Angleterre, comme une sorte de Renaissance anticipée.
L'tabac d'la Carneille c'est mon palace.
Où le soir je r'trouv' les poteaux.
Ma pomme, C'est moi... J'suis plus heureux qu'un roi.
Je n'me fais jamais d'mousse.
Sans s'cousse,
Je m'pousse.
vers l'bois d la mousse
Quand j'suis parti avec ma classe Pour v'nir ici faire mes trois ans Mon cousin m'dit : "Ya l'fils Bidasse Qui va dans le même régiment, Tu devrais faire sa connaissance." J'ai fait comme avait dit l'cousin Et depuis que je sers la France Bidasse est mon meilleur copain. Quand on n'a pas eu de punition, On a chacun sa permission
Refrain Avec l'ami Bidasse On ne se quitte jamais, Attendu qu'on est Tous deux natifs d'Arras-se, Chef-lieu du Pas de Calais On a chacun la sienne Et les bras ballants Devant les monuments Oh ! (commentaires ad lib, parlés) Dans les rues on se promène Ça nous fait passer le temps
Dimanche matin y a des bobonnes Qu'elles s'en vont faire leur marché Nous, on en connaît deux mignonnes Et on va les regarder passer Pendant qu'elles sont chez la fruitière De sur l'autre trottoir nous les regardons Puis de loin sans en avoir l'air-e On les suit jusqu'à leur maison Elles se méfient pas, elles n'y voient rien Ça fait comme ça... on s'amuse bien
Refrain Avec l'ami Bidasse On ne se quitte jamais, Attendu qu'on est Tous deux natifs d'Arras-se, Chef-lieu du Pas de Calais On a chacun la sienne Et quand elles sont dans Leur appartement Oh ! (commentaires ad lib, parlés) On regarde les persiennes Ça nous fait passer le temps
On va souvent voir les gorilles Au Jardin des Plant's, c'est curieux Devant la cage à la cocodrille On va passer une heure ou deux Devant les singes qui font la grimace Pour sûr on a des bons moments Oh ! (commentaires ad lib, parlés) Jusqu'à ce que le gardien passe Qui crie : On ferme ! ... Allez-vous en... Et comme on peut pas rester là On dit... Tu viens ? ... et on s'en va...
Refrain Avec l'ami Bidasse On ne se quitte jamais, Attendu qu'on est Tous deux natifs d'Arras-se, Chef-lieu du Pas de Calais Et plus tard dans la vie On dira souvent :
(parlé)"Vrai... au régiment, t'en souviens-tu, Bidasse ?
On a fait des orgies... On a bien passé le temps.
Fin de journée dans le parc avec l'ensemble des artistes de la Carneille, et un large applaudissement pour les organisateurs de cette belle et amicale journée ( petite chansonnette "elle est vraiment phénoménale" pour madame Chrétien)
Les acteurs
Gérard
Fabrice
tu bois ou tu bois pas !
Autour de Yanick Soubien conseiller régional pour un discour et le verre de l'amitié.
Hostellerie de l'écu.
dimanche 11 mai 2014
Des tortuosités de lierre Pénètrent dans chaque refend, Payant la tour hospitalière Qui les soutient... en l'étouffant.
Le porche à la lune se ronge, Le temps le sculpte à sa façon, Et la pluie a passé l'éponge Sur les couleurs de mon blason.
Les anciens seigneurs se tenaient le soir devant la porte de leur château, c'est-à-dire sur le pont et recevaient là les hommages de leurs vassaux.
Vincent Dumestre, Claire Lefilliâtre, Le poème harmonique.
Leur famille les entourait.
L'ancien chateau de la Carneille était citué au milieu du bourg et il était entouré de douves...
La fille au roi Louys
Le roi Louis est sur son pont,*
Tenant sa fille en son giron;
Elle se voudrait bien marier
Au beau Déon, franc chevalier.
2.
« Ma fille, n'aimez jamais Déon,
Car c'est un chevalier félon;
C'est le plus pauvre chevalier
Qui n'a pas vaillant six deniers.
3.
— J'aime Déon, je l'aimerais,
J'aime Déon pour sa beauté.
Plus que ma mère et mes parents,
Et vous, mon père, qui m'aimez tant.
4.
— Ma fille, il faut changer d'amour,
Ou vous entrerez dans la tour.
— J'aime mieux rester dans la tour,
Mon père, que de changer d'amour.
5.
— Et vite, où sont mes estafiers,
Mes geôliers, mes guichetiers,
Qu'on mette ma fille en la tour :
Elle n'y verra jamais le jour. »
6.
Elle y fut bien sept ans passés
Sans que personne la put trouver.
Au bout de la septième année,
Son père vint la visiter :
7.
« Bonjour, ma fille, comment vous va ?
— Hélas, mon père, il va bien mal :
J'ai un côté mangé des vers,
Et les deux pieds pourris ès fers.
8.
Mon père, avez-vous de l'argent,
Cinq à six sous tant seulement ?
C'est pour donner au geôlier,
Qu'il me desserre un peu les pieds.
9.
— Oui-da, ma fille, nous en avons,
Et des mille et des millions:
Nous en avons à vous donner,
Si vos amours voulez changer.
10.
— Avant que changer mes amours,
J'aime mieux mourir dans la tour.
— Eh bien ma fille, vous y mourrez,
De guérison point vous n'aurez. »
11.
Le beau Déon, passant par là,
Un mot de lettre lui jeta:
Il y avait dessus écrit :
« Belle, ne le mettez en oubli;
12.
Faites-vous morte ensevelir,
Que l'on vous porte à Saint-Denis;
En terre, laissez-vous porter,
Point enterrer ne vous lairrai. »
13.
La belle n'y a pas manqué,
Dans le moment a trépassé;
Elle s'est laissée ensevelir,
On l'a portée à Saint-Denis.
14.
Le roi va derrière en pleurant,
Les prêtres vont devant en chantant :
Quatres-vingts prêtres, trente abbés,
Autant d'évêques couronnés.
15.
Le beau Déon passant par là :
« Arrêtez, prêtres, halte-là !
C'est m'amie que vous emportez,
Ah ! laissez-moi la regarder ! »
16.
Il tira son couteau d'or fin
Et décousit le drap de lin :
En l'embrassant, fit un soupir,
La belle lui fit un souris :
17.
« Ah ! voyez quelle trahison
De ma fille et du beau Déon !
Il les faut pourtant marier,
Et qu'il n'en soit jamais parlé.
le parc
18.
Sonnez, trompettes et violons,
Ma fille aura le beau Déon.
Fillette qu'a envie d'aimer,
Père ne l'en peut empêcher ! »
19.
Quatre ou cinq de ces jeunes abbés
Se mirent à dire, tout haut riant :
« Nous sommes venus pour l'enterrer,
Et nous allons la marier ! »
Chanson citée par Gérard de Nerval dans son étude sur les Vieilles Ballades françaises.