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vendredi 1 mai 2026

A nos souvenirs du premier mai




les plaques des différents commerces du passé d’la Carneille apposées *
 

 Quand nous accrocherons aux murs la présence du passer...

Quand sur les plus hauts rochers je me tiens,
Dans la vallée profonde vers le bas je regarde,
Et je chante.

Loin de la vallée profonde et sombre
L'écho vibre vers le haut
Du gouffre.

Plus loin ma voix retentée,
Plus claire elle résonne
D'en bas.

Ma bien-aimée habite si loin de moi,
je soupire après elle si ardemment
De l'autre côté ! **

Traversant la Gine par la Cavée
je serai la retrouver avec un brin de muguet !

**Strophes 5 et 6 de
Karl August
Varnhagen von Ense (1785 - 1858).

*Une mise en valeur des métiers et commerces, foisonnant dans notre village dans le passée, a l'étude a été réalisé.

jeudi 5 novembre 2020

on s' moque ti dés paysans, surtout d' ceux du d'la Carné ?

 



Henri Ermice (1870-1958) est né à Saint-Germain-sur-Ay dans la Manche. D'abord professeur de lettres à Vire, il devint libraire dans cette même ville. Peintre et poète, on lui doit un seul recueil intitulé "Choix de poésies normandes et de monologues en patois de notre pays", imprimé en 1956, qui comprend 10 poèmes en français et 12 en normand. Il est passé à la postérité grâce à une importante collection de cartes postales humoristiques qu'il éditait et distribuait lui-même.  

Très attaché à son terroir et à ses traditions, il dépeint dans ses poésies la gaité et le pittoresque des scènes rurales caractéristiques de son temps. D'un point de vue linguistique, le français est largement mélangé au normand et l'on ne peut pas reconnaître ici le meilleur de notre production littéraire. Toutefois, ces petits mots pour rire font encore leur effet.







No s' moque dés paysans, surtout d' ceux du Bocage, 
Mais qu'i's ont dès bons mots, 
Qu'i trouv'nt bi'n à perpos, 
Quand i veul'nt discuter dans leux patouais d' langage.

dimanche 10 mai 2020

mois de Mai par Philippe Langlois, 10 mai 1874.

Le meis de Mai, le meis de Mai,
 Y-a-t-i' un mais preferablle?
 Cllos et gardîn, côti et prè,
 Y-a-t-i' rein d'pus agriablle?
 Vive, vive le meis de Mai,
 Vive l'amour et la biautè.


Le meis de Mai, le meis de Mai,
 Rêjouit toute la nature;
 Tout est charmant, tout est parfait,
 Tout à l'envi s'transfigure, Vive,
vive le meis de Mai
 Meis remplli d'amour et d'attrait.

Le meis de Mai, le meis de Mai,
 Comme est que tout se rêville;
 Tout est jouaie et gracieusetè,
 Tout dans sen pus be s'habille:
 Vive, vive le meis de Mai,
 Vive l'amour et la gaitè.

Le meis de Mai, le meis de Mai,
 Est tout remplli d'esperance;
 Opres la fraid le biau solei,
 Opres le deu la rejouissance,
 Vive, vive le meis de Mai,
 De le rveir qui n'a le souhait?

Victor Hugo a fait l'éloge de ce patois de Normandie d'où, à
l'entendre, la langue française serait sortie « comme la fleur de sa
racine a. La louange est belle. Précisons pourtant de suite qu'elle
est incomplète.

Ce n'est pas, en effet, la seule littérature d'oïl qui a germé à
l'ombre de l'étendard de pourpre. Par une rencontre unique dans
l'Histoire, les Normands « constructeurs d'empires  ont présidé
à toute une fermentation intellectuelle qui apparut, en Sicile et
en Angleterre, comme une sorte de Renaissance anticipée.


dimanche 8 septembre 2019

Passage des Jardins à La Carneille


LES JARDINS, POÈME (1780)

Désirez-vous un lieu propice à vos travaux ? 
Loin des champs trop unis, des monts trop inégaux,
J'aimerais ces hauteurs où, sans orgueil, domine 
Sur un riche vallon une belle colline. 
Là, le terrain est doux sans insipidité,
Élevé sans raideur, sec sans aridité. 
Vous marchez : l'horizon vous obéit : la terre 
S'élève ou redescend, s'étend ou se resserre. 
Vos sites, vos plaisirs changent à chaque pas.
Qu'un obscur arpenteur, armé de son compas, 
Au fond d'un cabinet, d'un jardin symétrique 





Soudain un trait heureux jaillit d'un fond stérile, 
Et mon vers ranimé coule enfin plus facile.
Il est des soins plus doux, un art plus enchanteur. 
C'est peu de charmer l'oeil, il faut parler au coeur. 


Qu'enfin les ornements avec goût soient placés,
Jamais trop imprévus, jamais trop annoncés.
Surtout du mouvement : sans lui, sans sa magie, 
L'esprit désoccupé retombe en léthargie ; 
Sans lui, sur vos champs froids mon oeil glisse au hasard. 
Des grands peintres encor faut-il attester l'art ?
Voyez-les prodiguer de leur pinceau fertile 
De mobiles objets sur la toile immobile,
L'onde qui fuit, le vent qui courbe les rameaux, 
Les globes de fumée exhalés des hameaux, 
Les troupeaux, les pasteurs, et leurs jeux et leur danse ; 
Saisissez leur secret, plantez en abondance


Extrais du poème de Jacques Delille, né le 22 juin 1738




jeudi 1 octobre 2015

La Nuict tombe sur La Carneille

Le Soleil se couche & la Nuict s'advance peu à peu sur un Char tiré par des Hiboux...
 
 
 

Languissante clarté cachez vous de dessous l'onde,
Faites place à la Nuict la plus belle du monde,
Qui dessus l'Horizon s'achemine à grands pas,
C'est moy de qui l'on prise & la noirceur & l'ombre,
Et i'ay mille agrémens dans mon Empire sombre,
Qu'en toute sa splendeur le iour mesme n'a pas.